Le Venezuela produit du café, mais plus assez pour les besoins de sa population. Caracas doit l'acheter à l'étranger contre du pétrole.

Les Vénézuéliens sont à court d'or noir. Pas de pétrole, mais de café. L'ouest du pays est pourtant un berceau du café en Amérique latine, on exportait de l'arabica du Venezuela bien avant que la Colombie ait planté ses premiers caféiers. Pourtant, le Venezuela est confronté à une pénurie croissante de café. Le breuvage coûte une fortune dans les cafés de Caracas, et les paquets de café sont plus que rares dans les magasins. La consommation de café n'a fait que croître dans ce pays, 1,3 millions de sacs (de 60 kg) cette année (2014-2015), alors que la production n'est plus que de 660 000 sacs, la moitié de ce qu'elle était à la fin des années 1990.

Les caféiculteurs vénézuéliens ont été découragés d'un côté par la hausse du prix des engrais, de l'autre par le contrôle des prix du café imposé par le gouvernement d'Hugo Chavez. Un contrôle qui s'est accru depuis l'entrée en fonction de son successeur il y a deux ans. Nicolas Maduro a interdit l'exportation du café : toute la production vénézuélienne doit être achetée par l'Etat. La culture du café n'est plus rentable, les producteurs l'abandonnent. Ceux qui s'en sortent font passer clandestinement leurs grains par la Colombie voisine.

En attendant, le Venezuela manque de café. Il doit en importer plus qu'il n'en produit cette année. A court de devises, depuis la chute des cours du pétrole, le Venezuela a recours au troc avec les pays signataires des accords PetroCaribe. Caracas échange son pétrole contre du café du Nicaragua, qui en profite pour le lui vendre deux fois plus cher qu'aux Etats-Unis, mais en barils. Le troc du Venezuela se développe y compris hors des accords PetroCaribe puisque l'Uruguay paie depuis fin janvier à Caracas la moitié de son pétrole en viande, en soja, en riz et en produits laitiers.