D’un conte des Mille et une nuits à Mahomet, des caravanes arabes médiévales à la Cour de Versailles… On vous raconte la légende et la véritable histoire du café

La légende du café

Les légendes sont nombreuses sur la découverte du café. La plus célèbre, dans un conte des « Mille et une nuits », raconte l’histoire d’un berger yéménite ou éthiopien, vers 300 avant notre ère. Il remarqua que ses chèvres étaient agitées juste après qu’elles aient mangé les fruits rouges d’un arbuste inconnu, et raconta cette expérience dans un monastère voisin. Le prieur de l’établissement religieux décida alors de goûter ces fruits mystérieux.
C’est à partir de ce jour, dit-on, qu’on ne vit plus de moine s’assoupir pendant la prière du soir…

Une autre légende raconte que lors d’un incendie de forêt, en Abyssinie, des caféiers en feu dégagèrent une délicieuse odeur. Les témoins de cet incendie récupérèrent les grains brûlés par le feu, les écrasèrent et les firent cuire afin d’en réaliser un breuvage.

On suppose aussi que la « potion noire » offerte par l’Archange Gabriel à Mahomet pourrait être du café. Un jour, Mahomet s’éveilla malade. Allah lui envoya l’ange Gabriel, porteur d’une gourde pleine d’un breuvage noir. Mahomet en but et se sentit tout de suite mieux. Selon la légende, grâce à cette mixture, le prophète désarçonna quarante cavaliers et honora quarante femmes…

La véritable histoire du café

Difficile de savoir exactement quand et comment le café a été découvert. On estime que les premiers caféiers sauvages ont poussé entre 2000 ans avant Jésus-Christ et 850 après Jésus-Christ en Ethiopie, dans la province de Kaffa, mais sans aucune certitude. A l’époque, le café était consommé non comme boisson, mais comme une sorte de bouillie épaisse.

Une chose est sûre, la culture du café se répand d’abord dans l’Arabie voisine, où ses vertus dynamisantes lui assurent un grand succès. Il est alors appelé K’hawah, qui signifie « revigorant ». Sa popularité a aussi très certainement profité de la prohibition de l’alcool par l’islam…
Grâce aux caravanes, la boisson se répand dans l’ensemble du monde arabe. Perse, Égypte, Afrique du Nord… et Turquie, où le premier café, Kiva Han, ouvre en 1475 à Constantinople. L’engouement est tel qu’on raconte qu’une loi turque de l’époque précise qu’une femme peut divorcer de son époux si celui-ci ne parvient pas à lui fournir une dose quotidienne de café…

En Europe, c’est à Venise qu’arrive le premier sac de café vert en 1615. En France, il faut attendre 1644 où un voyageur, arrivant de Constantinople, débarque au port de Marseille et rapporte quelques graines de café dont il fait profiter ses amis. Mais ce n’est qu’en 1669 que le café commence à être vraiment apprécié en France. Cette année-là, l’ambassadeur de Turquie offre du café à la cour du roi Louis XIV à l’occasion d’une très grande réception. Le nouveau produit fait fureur parmi les élites. Au XVIIIème siècle, il conquiert les classes sociales inférieures et la demande ne cesse de croître, bien plus vite que l’offre… C’est pour cette raison que fut utilisée comme substitut la racine de chicorée.

Les puissances européennes ont accéléré l’implantation de la caféiculture en transportant des plants dans leurs colonies. Le café s’est ainsi répandu tout autour du monde entre les tropiques du Cancer et du Capricorne.
Le Français Gabriel De Clieux a par exemple introduit en 1786 deux à trois plants de café en Martinique. Ces premiers plants seront à l’origine de tous les caféiers des Caraïbes et d’Amérique Latine, dont le fameux « Blue Mountain » de la Jamaïque. Aujourd’hui encore, Guadeloupe, Martinique et Nouvelle-Calédonie possèdent de petites plantations, ce qui fait de la France un vrai pays producteur !

Petite histoire du moulin à café

La première méthode connue pour broyer les grains de café est l’utilisation d’un mortier comme pilon. On se servait aussi des moulins à épices, mais ces derniers étaient trop petits et trop fragiles. C’est en Turquie, vers le XVIIème siècle, que furent inventés les premiers moulins à café. Ils étaient formés d’un cylindre et d’une manivelle. En France, au début du XVIIIème siècle, les premiers moulins sont des modèles de luxe pour les salons de la grande noblesse, fabriqués à la demande par les taillandiers ou les maréchaux-ferrants. Ils ont un corps taillé dans un seul morceau de bois, d’où leur qualification de « monoxyle ».

Ensuite apparaissent les premiers moulins de série, le moulin entonnoir (en forme d’entonnoir) et le moulin sablier (composé de deux cônes reliés par une fixation à baïonnette). Ils sont en général équipés d’une patte de fixation permettant de les fixer à la table.

Moulin à café

En une ou deux parties, en noyer, puis en bois, puis en acier, et enfin en cuivre, muraux ou non, les modèles se succèdent mais le principe est toujours le même : on actionne une manivelle pour broyer les grains.

Au XIXè siècle, le moulin à café a connu de nombreuses modifications techniques et esthétiques. La famille Peugeot, avant de se mettre à vendre des voitures, a commencé en 1840 à produire et à commercialiser des moulins à café de ménage de forme cubique. Ces moulins en bois ont fait leur notoriété et sont devenus le symbole du moulin à café. On les trouve encore dans tous les vide-greniers de France…

Les premiers moulins décorés, à dessins bleus ou polychromes, apparaissent en 1904. De 1920 à 1935, c’est la démocratisation des moulins muraux, qui ressemblent à de hautes boîtes rectangulaires généralement métalliques. À partir de 1930, devant la multiplication des modèles bon marché, Peugeot produit des modèles standards, sans marque, pour les grands magasins, comme le BHV ou la Samaritaine. Les « moulins silencieux », eux, datent de 1938. Ils sont équipés d’une trémie en tôle qui absorbe les vibrations du mécanisme et supprime toute déformation. Peugeot a réalisé aussi des moulins cylindriques, dits de voyage, de soldat, ou même « turcs » (modèle H), le modèle G étant le plus célèbre pour les collectionneurs.

En 1953, Jean Mantelet invente le premier moulin à café électrique bon marché, équipé d’un moteur. Quelques années plus tard, il a vendu plus d’un million de ces appareils, et il décide en 1957 de lancer sa société… Moulinex.